Les produits de la mer au Maroc

Avril 2011

Les produits de la mer constituent un secteur important pour le Maroc. Ce secteur englobe la pêche et les activités en aval de la pêche, à savoir la transformation, la commercialisation, la distribution, la logistique et la recherche. Selon le Département des pêches maritimes, ce secteur représente prés de 50% des exportations agro-alimentaires. Par ailleurs, le Maroc est le premier producteur de poisson en Afrique et le 25éme au monde, avec 1,2 % de la production mondiale. Ce record est dû à une seule espèce, la sardine (sardinia pilchardus), dont le Royaume est à la fois le premier producteur et exportateur à l’échelle mondiale.

Le Maroc dispose de deux façades maritimes, sur l’Océan Atlantique et la Mer Méditerranée, qui s’étendent sur une longueur de plus de 3.500 km. En outre, avec une flotte, côtière et hauturière, de prés de 2993 navires et une infrastructure portuaire en pleine croissance, le Maroc est devenu un des plus importants producteurs et exportateurs des produits de la mer dans le monde arabe et en Afrique. Grâce à la qualité hydro- climatiques des eaux marines, le Maroc offre une large variété de produits de la mer issue de la pêche et de l’aquaculture. En effet, trois types de pêche se partagent l’exploitation des ressources halieutiques : la pêche artisanale, côtière et hauturière (voir tabeau1). Le secteur de l’aquaculture présente également une autre source des produits de la mer. Ce secteur regroupe la pisciculture (continentale et marine) et la conchyliculture. Par ailleurs, l’activité de la pêche est exercée à partir des ports de l’Atlantique, à savoir par ordre d’importance : Agadir, Casablanca, Laayoune Tan Tan et Dakhla et à partir des ports de la Méditerranée tels que Nador, Al Hoceima et M’diq.

Tableau1 : Caractéristiques des différents types de pêche JPEG - 64.2 ko Source : Département des pêches maritimes

Pour l’aquaculture, elle désigne particulièrement l’élevage des poissons en eaux douces, saumâtres ou salées. Cette culture a débuté au Maroc dans les années 1920 par la création de la Station d’Hydrobiologie d’Azrou. Cette dernière produit essentiellement de la truite et de la carpe qui est utilisée principalement pour la lutte contre l’eutrophisation des barrages et des canaux de distribution d’eau. Actuellement, il existe plusieurs fermes d’élevage de poisson d’eau douce dont la production annuelle est estimée à 500 tonnes. Pour le cas de l’aquaculture marine, la production est de 1500 tonnes par ans. Environ, 90% de cette production est destinée à l’exportation. Plusieurs espèces font l’objet de l’aquaculture au Maroc. Pour la pisciculture marine, les poissons les plus cultivés sont le bar, la dorade, le turbot, la truite de mer, le saumons,… etc. Cependant, en pisciculture continentale, ce sont les Salmonidés (truites ; landaise ; saumon ; etc) et les poissons d’étangs (carpes, brochets, black bass…) qui dominent. Quant à la conchyliculture en eau de mer, il existe l’élevage des huîtres (l’ostréiculture) et l’élevage des moules (mytiliculture). Alors qu’en eau douce, les coquillages sont les seuls produits cultivés.

Utilisation des captures…

Les produits de la mer sont constitués de différents types de poissons et d’autres produits (céphalopodes, crustacés, mollusques, algues maritimes, produits de l’aquaculture). Ainsi, ces produits peuvent être commercialisés sous plusieurs formes, à savoir : frais ou transformés.

Malgré sa richesse en poisson, le Maroc connaît un niveau faible de consommation des produits frais de la mer, devant celle observée pour les viandes rouges. Elle ne dépasse pas 9,5 kg de poissons par an et par habitant, contre une moyenne mondiale de 16 kg. Selon le Département de la pêche maritime, la capacité de production du poisson frais a connu une augmentation remarquable. Entre les deux années 2007 et 2008, la production a affiché une augmentation de 14,4%, 835.320 tonnes devant 955.190 tonnes. L’industrie du frais rassemble environ 74 unités de conditionnement. Cette industrie traite annuellement prés de 42.000 tonnes de poisson blanc, dont 50 % est destinée à l’Espagne et le reste au marché européen.

Figure 1 : Répartition des exportations des produits à l’état frais JPEG - 41.8 ko Source : Département des pêches maritimes

En 2010, les volumes des captures des produits de la mer ont diminué. Ceci est dû à l’entrée en vigueur de la réglementation de l’Union Européenne sur la pêche illicite et non réglementée. Malgré cette situation, le chiffre d’affaire des industries de transformation a augmenté. En effet, les industries de la valorisation des produits de la mer représentent 10% des exportations totales du Maroc. Rappelons que l’activité des industries de transformation des produits de la mer regroupe les branches de la conserve, de la semi-conserve, du conditionnement du poisson frais, de la congélation, de la fabrication de la farine et de l’huile de poisson et du traitement des algues marines.

Les industries de transformations…

L’industrie de la conserve a connu un grand développement au fil des années. En effet, l’amélioration des technologies de fabrication, la richesse des eaux marocaines en poisson et la diversification des produits ont permis au Maroc d’assoir sa notoriété sur les marchés internationaux. Actuellement, l’industrie de la conserve au Maroc regroupe prés de 47 unités, localisées principalement à Safi et à Agadir. Elles traitent prés de 320.000 tonnes par an, avec un chiffre d’affaire de 3,5 milliards de dirhams, dont environ 87% est réalisé à l’exportation. Les produits fabriqués sont les conserves de sardine, les conserves de maquereau et les conserves de thon. Le Maroc est aujourd’hui le premier exportateur mondial de conserves de sardines. Selon la Fédération marocaine des Industries de Transformation et de Valorisation des Produits de la Pêche (FENIP), les principaux marchés d’exportations des produits en conserves sont l’Europe, l’Afrique, le Moyen orient, l’Amérique et l’Asie (voir figure 2).

Figure 2 : Répartition des exportations de la conserve de poissons par marchés JPEG - 40.9 ko Source : fenip 2006-2008

Pour l’activité de la semi-conserve au Maroc, elle repose principalement sur la salaison et le traitement de l’anchois et sur les marinades des produits de la pêche. Cette industrie regroupe une dizaine d’unités de salaison et 20 unités de production (filetage et conditionnement). En 2004, cette industrie a assuré une production de 15.026 tonnes et elle a généré un chiffre d’affaires de plus de 855 millions de DH. Cette production est exclusivement destinée à l’exportation vers l’Union Européen. Elle assure, également, prés de 44% des besoins du marché américain en semi-conserve d’anchois.

De la conservation à la congélation

Pour l’année 2010, la quantité des produits de la mer congelés (poissons, crustacés et mollusques) a augmenté de 5%, avec une production de 134 580 tonnes. L’industrie de congélation à terre est localisée principalement dans la partie sud du pays à Agadir, Lâayoune et Dakhla. Ces installations sont récentes, équipées d’une technologie moderne et répondent aux normes internationales en matière de qualité, d’hygiène et de respect de l’environnement. En effet, la majorité des produits de la mer congelés est destinée à l’exportation, vu que la consommation locale est très faible. Selon une étude réalisée en 2001 par le Haut Commissariat au Plan, la consommation annuelle de poissons congelés par les marocains n’a pas dépassé 0,05 kg par habitant. D’après le Département des pêches maritimes, les principaux marchés des produits congelés sont illustrés dans la figure3.

Figure 3 : Répartition des exportations des produits congelés par pays JPEG - 52.6 ko

Autres produits transformés

La farine et l’huile de poisson sont également considérés comme des produits de la mer transformés. D’après l’Etablissement Autonome de Contrôle et de Coordination des Exportations, la majorité de ces produits sont exportés vers le marché européen 81%, suivi par le Moyen Orient, l’Asie, l’Afrique et l’Amérique avec des valeurs respectivement de 10%, 6%, 2% et 1%. L’industrie de la farine de poisson traite, annuellement, prés de 300.000 tonnes de poissons. La majorité de cette production est orientée vers le secteur avicole au Maroc. La production a connu une augmentation remarquable, elle a enregistré 11 100 tonnes pendant le mois de février 2009 devant 35 436 tonnes en mois de février 2010. Dans ce sens, le Maroc envisage d’investir pour le développement de la production des farines à haute teneur en protéines et dans la valorisation de l’huile de poisson. L’objectif est d’augmenter la valeur des exportations de ces produits et leur utilisation dans l’aquaculture. Entre De même, les algues sont aussi des produits de la mer, riches en vitamines, en minéraux et en polysaccharides (Agar Agar). Ces derniers peuvent être utilisés dans l’alimentation et dans le domaine de la bactériologie, comme matière première dans les préparations des milieux de culture (in vitro). Les produits traités au niveau du Maroc sont : les algues GELDIUM et les algues GRACILARIA. L’industrie de transformation des algues marines est localisée à deux unités, une à Casablanca et l’autre à El Jadida. Cette industrie traite près de 8.000 tonnes de matière première pour l’extraction d’environ 1.250 tonnes d’agars-agars destinés en quasi- totalité à l’exportation. Cette situation a permis au Maroc de se classer au deuxième rang mondial pour les exportations d’agar. Selon la FENIP, en 2006, le Maroc a exporté 52,12% de sa production vers le marché européen, suivi par l’Amérique 23,94%, l’Asie (23,48%) et l’Afrique (0,46%).

Réglementation…

Actuellement, le secteur des produits de la mer est fortement réglementé. Les risques de contamination sont présents, non seulement dans les domaines de l’élevage et de la pêche, mais aussi dans la transformation et la distribution des produits. Le contrôle des produits de la mer est assuré par des commissions centrales et régionales du Département des pêches maritimes. L’objectif de ces commissions est de vérifier la qualité des produits destinés à la consommation locale et de généraliser, également, la mise en place des méthodes Hazard Analysis Critical Control Point (HACCP) au sein des unités de traitement.

A l’échelle nationale, le secteur des produits de la mer est régi par le Décret n°2-97-1003 du 29 chaoual 1426 (2 décembre2005) relatif à l’inspection sanitaire et qualitative des produits de la mer et de l’eau douce. Ce décret traite, dans 12 articles, les conditions sanitaires et qualitatives applicables aussi bien aux produits frais de la mer et de l’eau douce qu’aux produits transformés, depuis la manipulation et l’emballage jusqu’au transport. En effet, les produits de la mer sont considérés comme des aliments à risque du point de vue sanitaire. De ce fait, la plupart des pays ont mis au point une surveillance sévère sur le plan de l’exportation : JPEG - 221.2 ko

Pour en savoir plus

www.fenip.com

www.mpm.gov.ma


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